SERVICES ÉCOSYSTÉMIQUES : LES LIENS ENTRE LA NATURE ET L’HOMME

Le déclin observé chez les populations d’espèces de notre planète apparaît inextricablement lié à l’état des écosystèmes et des habitats dont elles sont indissociables. La destruction des habitats n’est donc pas seulement risquée pour la flore et la faune sauvages, mais également pour les humains, car ils nous procurent tout à la fois aliments, eau douce, air propre, énergie, médicaments et loisirs. Au-delà de ça, nous sommes tributaires du bon fonctionnement de systèmes naturels variés tels que la régulation et la purification de l’eau et de l’air, les conditions climatiques, la pollinisation et la dispersion des semences, ou encore la lutte contre les nuisibles et les maladies.

Qualifié de capital naturel, le stock disponible de ressources naturelles renouvelables ou non (plantes, animaux, air, eau, sols, minéraux, pour ne citer qu’eux) nous procure une multitude de bienfaits au niveau local comme mondial, fréquemment réunis sous le vocable de services écosystémiques.

Les actifs composant le capital naturel se sont développés d’une manière leur permettant de s’auto-entretenir dans le temps. Le problème, c’est que l’accentuation de la pression humaine (par la conversion des habitats naturels au service de l’agriculture, la surexploitation des pêches, la pollution de l’eau douce par les industries, l’urbanisation, la pêche insoutenable et les pratiques de pêche) détériore le capital naturel à un rythme supérieur à celui de sa reconstitution. Si la situation actuelle nous en donne déjà un aperçu amer, les répercussions sont surtout appelées à s’amplifier, et par là même, à accroître le risque d’insécurité alimentaire et hydrique, à augmenter encore davantage le prix de nombreuses matières premières et à intensifier la compétition pour la terre et l’eau. En fin de compte, la raréfaction du capital naturel va se traduire par une aggravation des conflits et des migrations, du changement climatique et de la vulnérabilité aux calamités naturelles (inondations et sécheresses en tête), sans parler de l’impact négatif attendu sur la santé physique et mentale ainsi que sur le bien-être.

les différentes catégories de services écosystémiques

Les services d’approvisionnement désignent les produits issus des écosystèmes, les services de régulation, les bénéfices provenant de la régulation des processus écosystémiques, les services culturels, les bienfaits non matériels que les êtres humains retirent des écosystèmes, et les services de soutien, les services nécessaires à la production de l’ensemble des autres services écosystémiques. Adaptation de l’Évaluation des écosystèmes pour le Millénaire, 2005.

L’EMPREINTE ÉCOLOGIQUE DE CONSOMMATION

Depuis le début des années 1970, l’humanité demande à la planète davantage que celle-ci n’est capable de régénérer. En 2012, une biocapacité équivalente à 1,6 Terre était ainsi nécessaire pour fournir les ressources et services naturels que l’humanité a consommés au cours de l’année. Or, le franchissement du seuil de biocapacité de la Terre n’est possible qu’à court terme : plus concrètement, nous ne pouvons couper des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, prélever plus de poissons dans les océans qu’il n’en naît, et rejeter davantage de carbone dans l’atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber, que pendant une durée limitée. Les retombées de cet état de « dépassement écologique » sont déjà palpables : effondrement des pêches, perte d’habitats et d’espèces, accumulation du carbone dans l’atmosphère.

Même si les conséquences de la pression humaine sur l’environnement sont de mieux en mieux connues et observées, il n’y a eu aucune réaction économique rationnelle. À en juger par les données d’Empreinte écologique recueillies ces quatre dernières décennies, les rares épisodes de réduction de l’Empreinte écologique globale totale ne sont pas le produit de politiques intentionnelles visant à limiter l’impact humain sur la nature : bien au contraire, ils doivent être lus comme le résultat de grandes crises économiques, tels le choc pétrolier de 1973, la profonde récession économique enregistrée par les États-Unis et de nombreux pays de l’OCDE pendant la période 1980-1982, ou encore la grande récession mondiale de 2008-2009. Qui plus est, le recul de l’Empreinte écologique totale constaté à ces occasions n’a été que temporaire, puisqu’il a été suivi du retour rapide à une tendance haussière.

Biocapacité mondiale

Le carbone forme de loin la composante dominante de l’Empreinte écologique de l’humanité, puisque sa part a varié entre 43 % en 1961 et 60 % en 2012. Première composante de l’Empreinte au niveau mondial, elle l’est aussi pour 145 des 233 pays et territoires suivis en 2012. Sa cause primaire réside dans la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel). La ligne verte représente quant à elle la capacité de la Terre à produire des ressources et des services écologiques (autrement dit, sa biocapacité). Sa légère pente ascendante s’explique avant tout par l’accroissement de la productivité de l’agriculture.

CARTOGRAPHIE DE L’EMPREINTE ÉCOLOGIQUE DE LA CONSOMMATION

L’Empreinte écologique moyenne par habitant diffère d’un pays à l’autre en raison de la variation de la consommation totale et de la demande relative déterminée pour chaque composante de l’Empreinte. Elle tient compte de la quantité de biens et de services consommés par les habitants, des ressources naturelles exploitées et du carbone émis pour fournir ces biens et services.

Dans les pays affichant l’Empreinte écologique par habitant la plus élevée, la composante carbonée de l’Empreinte atteint un niveau particulièrement élevé du fait de la consommation de combustibles fossiles et de l’utilisation de marchandises intensives en énergie. Rapportée à leur population, l’Empreinte écologique par tête d’une partie d’entre eux représente ainsi pas moins de six fois la biocapacité globale disponible (1,7 hag). Cela signifie que les habitants de ces pays exercent une pression disproportionnée sur la nature en s’appropriant bien plus que la juste part des ressources de la Terre qui leur revient.

Fussabdruck Ländervergleich

Empreinte écologique moyenne par habitant dans chaque pays en 2012.

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